
En Belgique comme en en France, le congé maternité dure environ trois mois : 15 semaines d’un côté, 16 de l’autre, avec un certain nombre de variations en fonction de cas (naissance de jumeaux, nombre d’enfants dans le foyer, etc).
Pour les pères, ça se complique. Petite victoire récente, en Belgique : les 10 jours règlementaires se transformeront en 15 à partir de 2021, et en 20 jours en 2023. Cela reste facultatif, toutefois. En France, on vient de se décider à passer de 14 à 28 jours, décision immédiatement remise en question car dangereuse pour la santé financières des petites entreprises mais également (et j’ai ri jaune, croyez-moi) pour éviter une discrimination à l’embauche pour les jeunes hommes, susceptibles de devenir pères un jour. Je me suis étouffée de rage et d’indignation.
De la même façon que lorsque le port du masque est devenu obligatoire dans des circonstances précises pour freiner l’épidémie de Covid19, nous avons entendu certains s’insurger de devoir acheter ces masques … et j’avoue qu’avec mes copines menstruées qui raquons chaque année 100 à 150 euros en protections périodiques depuis nos 12 ans, on a un peu rigolé, au début.
Et oui, car cette discrimination à l’embauche, on la connaît déjà : tout simplement parce que nous sommes des femmes, nous avons moins de chances d’être sélectionnées, car le simple fait que nous soyons en possession d’un utérus fait de nous de jeunes mamans en sursis.
C’est pour cette raison qu’un congé paternité équivalent au congé maternité, obligatoire (sinon il y aura toujours des entreprises pour faire pression sur leurs employé.e.s), serait un pas de géant dans la lutte contre les discriminations. Les jeunes hommes et jeunes femmes seraient discriminés de la même façon. On avancerait plus vite, et mieux.
Ce serait également une belle progression en ce qui concerne le rapport aux enfants : déjà, les bébés kiffent avoir leurs deux parents. Mais aussi parce que comme pour le moment les mères sont plus présentes, elles sont plus au fait du rythme des enfants ainsi que de leurs besoins, quand les papas (ou l’autre parent) semblent débarquer en ce qui concerne le groupe sanguin, les vaccins, l’heure du goûter ou ce qu’il faut mettre dans le sac de sport.
Par chance, plusieurs épisodes des Couilles sur la Table traitent des thèmes liés à cet article : si le sujet vous intéresse, découvrez sans plus attendre Papa, mode d’emploi et Congé paternité, le miracle ?.
Je vous le dis sans sarcasme (et c’est rare): ce n’est effectivement pas inné. Si elle a une petite longueur d’avance parce qu’elle a porté l’enfant et se sent déjà connectée à lui, alors que le père / l’autre parent doit aller chercher cette connexion (d’autant plus important d’avoir du temps, du coup) la mère ne sait pas mieux que le père / l’autre parent si l’enfant a faim, ou si ses chaussures sont trop serrées. Elle a juste l’habitude, et plus d’outils.
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C’est fatiguant, d’être féministe. De façon générale, je ne suis pas contre le débat, pourvu qu’il soit un minimum constructif. Mais cette question « Non mais ça va vous avez le droit de vote, qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? » me rends dingue.
Du 1er au 25 décembre, voici votre calendrier féministe. Chaque jour, une réponse plus ou moins cinglante, pour égayer vos repas de famille et vos apéros Zoom : et si grâce à moi, vous ne passez pas de meilleures fêtes de fin d’années, gardez bien en tête que ce qui ne fait pas partie de la solution, fait peut-être partie du problème.
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