
Dessiner des bites… sur les tables, les chaises, les murs de l’école. Au marqueur sur le visage de ceux qui se sont endormis avant nous en soirée ou dans la poussière des vitres de la voiture d’un.e pote. Bref, si vous me permettez le trait d’humour, je ne vais pas vous faire un dessin, vous voyez de quoi je veux parler : les bites sont partout.
Je n’aime pas trop justifier mes articles par des expériences personnelles : après tout, ce n’est pas un chiffre, ce n’est pas une étude statistique, c’est une opinion. Et une opinion, ce n’est pas scientifique, je sais.
J’étais ado dans les années 2000 et j’ai grandi entourée de (dessins de) bites (mes parents vont adorer cet article). Pourtant, je ne me suis jamais fait la réflexion que quelque chose manquait à l’appel, et par quelque chose, mon propre sexe.
Le mien n’existait pas. Il n’était pas représenté, il n’était décrit que par un vide destiné à être comblé, rempli, utilisé. Pire, le porno mainstream en a véhiculé une image si lisse qu’il était difficile de comprendre que j’étais normale.
Petit aparté : j’aimerais attirer ici l’attention des parents sur internet et le porno. Vous devez écouter ce documentaire sur les pratiques des adolescents, mais si vous n’avez pas quatre heures devant vous, voici le topo : ce qui est préoccupant c’est qu’il ne suffit pas de regarder du porno pour en consommer. Lorsqu’on est adolescent.e.s, on navigue sur des sites de streaming ou des plateformes de jeux, qui se font du fric avec les pubs pornos et les pop-up. Je n’ose pas vous dire, lorsque j’ai entendu ce documentaire, toutes les images qui me sont revenues en mémoire. Et pourtant (je parle beaucoup de mes parents aujourd’hui), mon utilisation d’internet était très surveillée, je n’avais pas d’ordinateur dans ma chambre, ni de smartphone. Parce qu’encore une fois, j’étais ado avant Snapchat.
J’entends déjà les détracteurs soupirer d’ennui (n’empêche que vous êtes toujours là) : oui, et alors ? Qu’est-ce que ça peut faire ? Et bien j’ai des chiffres pour vous, les détractos : en 2016, un quart des jeunes filles de 15 ans ignoraient qu’elles avaient un clitoris. Un sondage réalisé par la marque Nana (en 2018, sur 1033 femmes cisgenres) révèle également que 62 % des femmes ne savent pas représenter correctement une vulve. Et là … ça pique un peu.
C’est une question de santé publique et d’épanouissement : comment prendre soin de soi, comment se sentir légitime de vivre une sexualité intéressante, si on ne se connaît pas soi même ? Heureusement, on est en 2020, et de multiples projets pullulent afin de vous faire découvrir votre / la / les vulves.s. Mes préférés sont ici et là.
L’histoire de la sexualité est faite de pas en avant et de pas en arrière. Cet article très chouette vous en expliquera un petit bout sur la représentation des poils, des vulves, des clitoris et des règles. Vous connaissez aussi peut-être déjà la BD d’Emma à ce sujet et je ne peux que vous recommander ce chouette article d’Anouk Perry pour Dans ma culotte.
Je vous laisse là-dessus, pour aujourd’hui… Car demain, on parle de branlette !
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C’est fatiguant, d’être féministe. De façon générale, je ne suis pas contre le débat, pourvu qu’il soit un minimum constructif. Mais cette question « Non mais ça va vous avez le droit de vote, qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? » me rends dingue.
Du 1er au 25 décembre, voici votre calendrier féministe. Chaque jour, une réponse plus ou moins cinglante, pour égayer vos repas de famille et vos apéros Zoom : et si grâce à moi, vous ne passez pas de meilleures fêtes de fin d’années, gardez bien en tête que ce qui ne fait pas partie de la solution, fait peut-être partie du problème.
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