Mais arrêtez de sexualiser tout ce qui bouge, nom d’une pipe !


C’est Bernard Pivot, le Musée d’Orsay et Marc Zuckerberg qui entrent dans un bar… et sont chassés à coups de courge longue de nice par trois meufs en colère. C’était pas ma meilleure blague, mais j’aimais bien l’image.

On en a parlé un peu par ici : la rentrée scolaire 2020 a été la goutte de trop pour les lycéennes. Soupçonnées de perturber la concentration des garçons avec leurs tenues d’été, elles ont rappelé avec intelligence que si ces messieurs sont déconcentrés par des genoux, peut-être qu’ils ne regardent pas assez en direction du tableau.

Il y a aussi ces incidents : oh, vraiment rien de grave, mais des femmes pas assez déshabillées sur la plage. Oups, par ici on se fait verbaliser si on ne porte pas de haut de maillots de bain.

L’année dernière, Bernard Pivot s’était senti obligé de dire que Greta Thunberg (oui, cette militante écologiste mineure à l’époque)… ne lui faisait pas envie (ça me dé-goûte j’vous jure).

Il y a aussi cette prime à la nudité, sur Instagram : on diffuserait mieux les photos de personnes dénudées pour les encourager à continuer d’en poster. Vicieux, hein ? Moi qui pensais que c’était ma bouée lama qui avait eu du succès en juillet dernier sur mon feed, je suis un peu déçue (et ma bouée, dégonflée comme la bite à Ber…).

Pendant que je vivais ma meilleure vie sur cette bouée, une jeune fille se voyait refuser l’entrée au Musée d’Orsay à cause de son décolleté. Vous êtes quand même pas faciles à suivre ! D’ailleurs, si de façon très sincère vous pensez qu’un décolleté aurait pu déconcentrer quelqu’un.e (non) rappelez vous qu’au musée d’Orsay, on expose… L’Origine du monde.

Ceci était donc un article sans chiffre et sans statistiques : et pour preuve, il suffit d’ouvrir les yeux cinq minutes. En plus, je vous ai déjà fait mon laïus : non seulement on enlève la capacité des femmes à être des sujets désirants (je ne me suis jamais sentie obligée de demander à un maître nageur de remettre son t-shirt, ça va, je peux gérer) mais en plus on cantonne les hommes dans un rôle hyper infantilisant : attends, tu risques de faire une connerie, on va ménager tes émotions ou (pire) oulala, mais tu n’es pas attiré par cette personne ? Bah attends y a qu’à demander, elle va se désapper un peu, arrêter de parler de l’apocalypse et ça ira mieux !

Détractos de tous âges et de tous les horizons : que vous soyez critiques littéraires, gendarmes à Saint Tropez ou directeurs d’établissements, votre avis n’est pas sollicité. Un petit haut à dentelle n’est ni une invitation, ni une demande de légitimation. À votre goût, pas à votre goût, même délire.

C’est entre vos deux neurones que ça se joue, nous on a rien à voir là-dedans.

Demain, c’est ma meuf sûre Marianne qui récupère le micro.

J’suis pas stressée, vous êtes entre de très bonnes mains.

C’est fatiguant, d’être féministe. De façon générale, je ne suis pas contre le débat, pourvu qu’il soit un minimum constructif. Mais cette question « Non mais ça va vous avez le droit de vote, qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? me rends dingue.

Du 1er au 25 décembre, voici votre calendrier féministe. Chaque jour, une réponse plus ou moins cinglante, pour égayer vos repas de famille et vos apéros Zoom : et si grâce à moi, vous ne passez pas de meilleures fêtes de fin d’années, gardez bien en tête que ce qui ne fait pas partie de la solution, fait peut-être partie du problème.