
Vous vous demandez pourquoi on râle encore ? Parce qu’il y a du shampoing pour homme et pour femme (spoiler alert : c’est du savon), et que le mien coûte plus cher …
Si vous ne le connaissez pas encore, filez suivre le compte Instagram de Pépite Sexiste : chaque perle est recensée. Du pull de Noël identique à 9 euros pour les hommes et 15 pour les femmes (what the reeeeeeeennes?) aux produits d’hygiène pour bébés renommés «pour les mamans» (genre j’ai le monopole la couche… que je vais pas te tarder à te vider sur la tête), tout y est, c’est im-pla-cable.
La taxe rose, ou marketing genré, consiste à vendre plus cher un produit étiqueté « pour filles » alors qu’il est identique à un produit « pour homme ». Il est rose aussi, généralement. Allez savoir. Vous en trouverez des milliers d’exemples ici.
Ce qui est rigolo (non) : en Belgique, on a pas trouvé ça nécessaire d’avoir des chiffres, donc on en a pas, même si on a des exemples de taxe rose (et alors autant le matériel de rasage je m’y attendais mais le dentifrice ? Qu’est-ce que … ? Pourquoi… ?).
En France, on a décidé de faire un rapport sans pour autant parler de sexisme, et l’affaire était dans le sac : « le Gouvernement prend acte du résultat de ces deux études. Il constate qu’un phénomène global de « woman tax » n’est pas avéré, les disparités entre sexes pouvant être défavorables aux hommes ou aux femmes selon les produit ».
On constate donc un marketing genré, mais des fois ça va dans le sens des femmes donc ça va, sans pour autant trouver la pratique déloyale. C’est à se taper la tête contre les murs, je vous jure. J’ai parcouru le document et je ne vais pas les accuser d’être de mauvaise foi : ils ont choisi une méthodologie, recueilli des chiffres et tiré des conclusions. Ils ont fait leur travail, et ce de façon très scolaire.
Le problème est plus global, car très lié aux injonctions qui justifient un marketing genré : les femmes auraient plus besoin de produits hydratants (anti-rides et consors), les hommes d’un gel transformant leur cheveux en arme médiévale. Tout ça devient très difficile à comparer, même si j’ai énormément de mal à croire qu’à la fin, on en est tous-tes victimes de la même façon. Disons que je suis dubitative.
Le meilleur moyen de s’en débarrasser ? Ne plus consommer de brosse à dents « pour mâchoire féminine » (elle est juste rose) ou de gel douche spécialisé (il est juste rose). Comme dans toute déconstruction, c’est un pli à prendre.
Oh, et n’oubliez pas d’envoyer vos photos et trouvailles en tous genres (et pour tous les genres) à Pépite Sexiste.
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C’est fatiguant, d’être féministe. De façon générale, je ne suis pas contre le débat, pourvu qu’il soit un minimum constructif. Mais cette question « Non mais ça va vous avez le droit de vote, qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? me rends dingue.
Du 1er au 25 décembre, voici votre calendrier féministe. Chaque jour, une réponse plus ou moins cinglante, pour égayer vos repas de famille et vos apéros Zoom : et si grâce à moi, vous ne passez pas de meilleures fêtes de fin d’années, gardez bien en tête que ce qui ne fait pas partie de la solution, fait peut-être partie du problème.