Je demande à ce que la contraception ne soit pas (que) mon problème


Je vous ai menti (et vous l’avez pas vu venir !), on ne va pas parler de slip chauffant. C’était juste pour vous attirer dans mes filets (je ris actuellement de façon machiavélique). Pour ceux qui n’ont pas la référence, le slip chauffant est une méthode de contraception masculine. Mais on ne va pas en parler, parce que tout le monde s’en fout : la contraception est une affaire de femmes.

Il y a eu cette soit-disant révolution sexuelle dans les années 60 : si en France l’avortement est autorisé depuis 1975 suite à une lutte acharnée (spoiler alert : on a rien obtenu sans se battre : je suis vraiment curieuse si vous avez des exemples d’injustices qui se sont résolues toutes seules) en Belgique c’est au début des années 90 et dans un climat absolument dramatique (le roi qui démissionne pendant une journée pour ne pas à avoir a valider la loi) qu’il est possible de mettre fin à une grossesse jusqu’à 12 semaines.

Alors, au risque de dire des choses évidentes : merci mais non merci.

L’avortement, c’est un droit qui me semble relativement naturel et évident et qui permet de ne peupler le monde que de familles heureuses, mais ce n’est pas suffisant. Avorter, c’est traumatisant pour le corps et l’esprit. Ce n’est pas une solution.

Par une espèce de logique un peu cruelle, s’est mis en place un système qui profite à 50 % de la population: tu risques de tomber enceinte, tu te débrouilles.

Quels sont les différents moyens de contraception à destination des personnes ayant un utérus ?

Mmmh, voyons voir, il y a ceux avec des hormones :

– La pilule contraceptif

– Le stérilet hormonal

– L’implant contraceptif

– Le patch contraceptif

– L’anneau vaginal

– L’injection contraceptive

– La pilule du lendemain (ça m’embête un peu de la laisser dans la liste car ce n’est pas tout à fait un moyen de contraception, c’est en cas d’urgence)

Les contraceptions hormonales sont relativement sûres, mais les effets secondaires sont vraiment pénibles. Prise de poids, acnée, états dépressifs plus ou moins passagers, maux de tête et la meilleure : chute de la libido. C’est sûr qu’on risque pas de se reproduire, mais on s’amuse tout de suite moins, quand même.

On en trouve aussi sans hormones :

– Le préservatif féminin

– Le diaphragme

– Le stérilet au cuivre

Les radicaux (mes préférés) :

– La stérilisation (ligature des trompes / pose d’implants)

Quels sont les moyens de contraception pour les personnes disposant de spermatozoïdes ?

– Le préservatif (mais ce sont généralement les femmes qui se le procurent)

– La stérilisation (fun fact : en France, suite à des politiques nataliste au lendemain de la seconde guerre mondiale, elle a été interdite jusqu’au début des années 2000. Et c’est intéressant de voir quel impact cela peut encore avoir aujourd’hui, car pour un peu moins de 3000 vasectomies en France, on en compte 9000 en Belgique – qui je le rappelle possède le même nombre d’habitants que le Grand Est et les Hauts de France réunis).

J’ai lu un livre passionnant pour préparer cet article qui s’appelle La charge sexuelle, de Clémentine Gallot et Caroline Michel. Je vous laisse vous le procurer si vous souhaitez approfondir la question de la charge mentale de la sexualité ; c’est sur le chapitre de la contraception que je me suis attardée.

Elles ont analysé les communications publiques au sujet de la contraception et oh ! Surpriiiiiiise ! Ce sont les femmes, qui sont visées en majorité. Et pourquoi ? Parce qu’on a remarqué qu’elles étaient plus responsables. A tel point d’ailleurs, que si elles ne s’acquittent pas de ce rôle, les hommes vont prendre cela pour une autorisation. Et pas une autorisation de faire un enfant évidemment, une autorisation de « prenons un risque que tu assumeras si besoin dans la plus grandes solitude ». Charmant.

Là-dessus, c’est d’ailleurs tout un système qui est à repenser : en effet, quand une femme prends rendez-vous pour un IVG, à aucun moment le partenaire n’est inclus dans le processus médical. Cela ne permet qu’une implication légère (je t’accompagne, je t’attends dans la salle d’attente, je te demande 12 000 fois si ça va) qui ne doit pas être confortable pour une chouette personne désireuse de soutenir.

Ceci étant dit, dois-je rappeler qu’une femme est fertile 4 ou 5 jours par mois et qu’un homme l’est chaque jour ? (gardez-moi bien ça en tête pour la prochaine fois que vous tombez sur un relou – toujours pas d’écriture inclusive ? NON – , c’est un ordre)

Que des pilules pour hommes sont en effet discutées, mais que les moyens alloués à cette recherche sont super légers (filez écouter cet épisode des Couilles sur la Table) et qu’en plus les hommes interrogés sont pas chaud chaud à l’utiliser, à cause des effets secondaires qui sont exactement les même que chez une femme ? (même ordre que ci-dessus)

Peut-on également s’arrêter deux secondes sur le mythe du « bébé dans le dos » ? C’est presque difficile pour moi de rester calme tellement c’est insupportable à lire, à écrire, à entendre : les gars, si vous ne vous rendez pas compte lorsque vous prenez des risques, peut-être qu’il est plus sage de faire une vasectomie et de retourner en primaire suivre un cours de biologie.

C’est tout pour moi !

C’est fatiguant, d’être féministe. De façon générale, je ne suis pas contre le débat, pourvu qu’il soit un minimum constructif. Mais cette question « Non mais ça va vous avez le droit de vote, qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? me rends dingue.

Du 1er au 25 décembre, voici votre calendrier féministe. Chaque jour, une réponse plus ou moins cinglante, pour égayer vos repas de famille et vos apéros Zoom : et si grâce à moi, vous ne passez pas de meilleures fêtes de fin d’années, gardez bien en tête que ce qui ne fait pas partie de la solution, fait peut-être partie du problème.